Vous êtes épuisé, en souffrance au travail et vous vous demandez comment obtenir un arrêt de travail pour burn-out ? Ce guide complet vous explique toutes les démarches, vos droits et la durée habituelle d’un arrêt maladie lié au syndrome d’épuisement professionnel.

Oui, il est tout à fait possible d’obtenir un arrêt de travail pour burn-out ou épuisement professionnel. Ce syndrome est reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis 2019 comme un phénomène lié au travail, même s’il n’est pas encore classifié comme maladie professionnelle en France de manière systématique.

Votre médecin peut prescrire un arrêt de travail si vous présentez les symptômes suivants :

  • Épuisement physique et émotionnel intense : fatigue chronique, troubles du sommeil, tensions musculaires
  • Symptômes anxio-dépressifs : angoisse, irritabilité, pleurs fréquents, perte de motivation
  • Troubles cognitifs : difficultés de concentration, pertes de mémoire, indécision
  • Symptômes physiques : maux de tête, troubles digestifs, palpitations
  • Distanciation mentale du travail : cynisme, désengagement professionnel
  • Sentiment d’inefficacité : impression de ne plus rien maîtriser

L’arrêt de travail pour épuisement professionnel n’est pas une faiblesse, mais une nécessité médicale. Il permet :

  • De vous extraire immédiatement d’un environnement toxique
  • D’éviter l’aggravation vers une dépression sévère
  • De commencer un accompagnement thérapeutique
  • Pouvoir prendre du recul sur votre situation professionnelle
  • De préserver votre santé à long terme

Plusieurs professionnels de santé peuvent prescrire un arrêt de travail :

  • Votre médecin traitant : souvent le premier interlocuteur, il connaît votre parcours de santé
  • Un médecin généraliste : en cas d’urgence ou si vous n’avez pas de médecin traitant
  • La médecine du travail : le médecin du travail peut constater votre état et peut vous orienter vers un médecin généraliste
  • Les urgences : en cas de détresse aiguë

Soyez transparent sur :

  • Vos symptômes physiques et psychologiques
  • Votre situation professionnelle (charge de travail, relations, organisation)
  • La durée et l’intensité de vos difficultés
  • L’impact sur votre vie personnelle
  • Les tentatives de résolution déjà effectuées

Le médecin ne jugera pas et ne contactera pas votre employeur. Le secret médical est absolu.

Le médecin vous remettra :

  • Un arrêt de travail en 3 volets ou digitalisé :
    • Volet 1 et 2 : à envoyer à la Sécurité sociale (CPAM)
    • Volet 3 : à transmettre à votre employeur
  • Une prescription éventuelle : antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères (selon les cas)
  • Une orientation vers un spécialiste comme un psychologue

Important : Sur l’arrêt de travail, le diagnostic exact n’apparaît pas. Le médecin peut mentionner « état dépressif », « troubles anxieux » ou simplement « affection de longue durée » pour préserver votre confidentialité.

Vous devez envoyer dans les 48 heures (jours ouvrables) :

  • Volets 1 et 2 à l’Assurance Maladie : par courrier postal à votre CPAM ou via votre compte Ameli
  • Volet 3 à votre employeur : par courrier (recommandé avec accusé de réception idéalement) ou remise en main propre

Astuce pratique : Prenez une photo de l’arrêt de travail avant envoi et conservez les preuves d’envoi (récépissé postal, capture d’écran de la télétransmission).

Que dire à votre employeur ?

Vous n’êtes pas obligé de révéler la nature de votre maladie. Vous pouvez simplement :

  • Dire que vous êtes en arrêt maladie
  • Transmettre le volet 3 de l’arrêt
  • Indiquer la durée prévisible

Exemple de message :

« Bonjour, je vous informe que je suis actuellement en arrêt maladie jusqu’au [date]. Vous trouverez ci-joint le justificatif médical. Je vous tiendrai informé de l’évolution. Cordialement. »

La durée d’un arrêt de travail pour burn-out varie considérablement selon la gravité de l’épuisement et votre capacité de récupération.

Arrêt initial : 15 jours à 1 mois

Le premier arrêt prescrit est généralement de 2 à 4 semaines. C’est une période d’évaluation qui permet :

  • De sortir de l’urgence
  • De commencer un suivi thérapeutique
  • D’évaluer la gravité de l’épuisement

Arrêt court : 1 à 3 mois

Pour les burn-out détectés précocement avec :

  • Symptômes modérés
  • Bon réseau de soutien
  • Capacité de récupération rapide
  • Changement organisationnel possible dans l’entreprise

Arrêt moyen : 3 à 6 mois

Le cas le plus fréquent pour un burn-out avéré avec :

  • Symptômes anxio-dépressifs installés
  • Nécessité d’un suivi psychothérapeutique
  • Besoin de temps pour envisager la reprise
  • Éventuellement une reconversion professionnelle

Arrêt long : 6 mois à 1 an ou plus

Pour les burn-out sévères avec :

  • Dépression associée
  • Troubles somatiques importants
  • Nécessité d’une hospitalisation
  • Impossibilité de retour dans l’entreprise
  • Reconversion professionnelle complète

Comment prolonger votre arrêt ?

  • Consultez votre médecin avant la fin de l’arrêt en cours (idéalement 2-3 jours avant)
  • Le médecin évaluera votre état et décidera de la prolongation nécessaire
  • Vous recevrez un nouvel arrêt à transmettre dans les mêmes délais

Conseil : Ne laissez jamais passer de « trou » entre deux arrêts, sous peine de perdre vos indemnités journalières.

Si le médecin estime que vous n’êtes pas en état de reprendre et que vous souhaitez reprendre, il peut :

  • Refuser de vous établir une attestation de reprise
  • Vous faire signer une décharge de responsabilité

Légalement, un arrêt de travail peut durer jusqu’à 3 ans. Au-delà :

  • Vous entrez en affection de longue durée (ALD)
  • Une procédure d’invalidité peut être engagée
  • Votre employeur peut lancer une procédure de licenciement pour inaptitude (après visite médicale de reprise)

Conditions d’attribution

Pour percevoir les indemnités journalières (IJ), vous devez :

  • Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 derniers mois ou 90 jours
  • Avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1015 fois le SMIC horaire

Montant des indemnités

  • 50% de votre salaire journalier de base (calculé sur les 3 derniers mois)
  • Plafond : 52,28 € par jour (en 2026)
  • Versement après un délai de carence de 3 jours
  • Paiement tous les 14 jours

Calcul du salaire journalier de base :

(Salaire brut des 3 derniers mois ÷ 91,25) × 50%

Exemple : Pour un salaire mensuel brut de 2500 €

  • Total 3 mois : 7500 €
  • Salaire journalier : 7500 ÷ 91,25 = 82,19 €
  • Indemnité journalière : 82,19 × 50% = 41,10 € par jour

Selon votre ancienneté et votre convention collective, votre employeur peut être tenu de maintenir une partie de votre salaire :

Après 1 an d’ancienneté :

  • 90% du salaire brut pendant 30 jours
  • 66,66% du salaire brut pendant les 30 jours suivants

Après 3 ans d’ancienneté :

  • 90% du salaire brut pendant 60 jours
  • 66,66% du salaire brut pendant les 60 jours suivants

Le maintien de salaire inclut les indemnités journalières de la Sécurité sociale.

Pendant votre arrêt maladie :

  • Votre employeur ne peut pas vous licencier pour absence (sauf cas exceptionnels)
  • Votre contrat de travail est suspendu
  • Vous continuez à acquérir des droits aux congés payés
  • Votre ancienneté continue à courir

Exceptions au principe de protection :

Un licenciement peut intervenir uniquement si :

  • Il est motivé par une faute grave (indépendante de l’arrêt maladie)
  • L’entreprise est en difficulté économique (licenciement économique)
  • Après visite de reprise : vous êtes déclaré inapte et aucun reclassement n’est possible

Ce que vous devez faire :

  • Respecter les horaires de sortie autorisées (indiqués sur l’arrêt)
  • Être présent à votre domicile entre 9h et 11h puis 14h et 16h (sauf mention contraire)
  • Vous rendre aux convocations de la CPAM ou du médecin conseil
  • Ne pas exercer d’activité professionnelle rémunérée
  • Résider en France (sauf autorisation de la CPAM pour sortie du territoire)

Ce que vous pouvez faire :

  • Sortir librement si l’arrêt l’autorise (case « sorties libres » cochée)
  • Suivre un traitement médical, faire des examens
  • Faire des courses, des activités de loisirs compatibles avec votre état
  • Consulter d’autres professionnels de santé
  • Préparer votre reconversion professionnelle

Le burn-out n’est pas automatiquement reconnu comme maladie professionnelle en France, contrairement à certains pays européens.

Toutefois, depuis 2015, une voie existe pour faire reconnaître l’épuisement professionnel en maladie professionnelle via le système complémentaire (article L.461-1 alinéa 4 du Code de la Sécurité sociale).

Pour obtenir une reconnaissance en maladie professionnelle, vous devez prouver :

  1. Un lien direct et essentiel entre votre travail et votre pathologie
  2. Une incapacité permanente d’au moins 25% (taux d’IPP évalué par un médecin expert)
  3. Une exposition à des facteurs de risques professionnels : surcharge de travail, manque de reconnaissance, harcèlement, absence d’autonomie

Étape 1 : Constitution du dossier

  • Formulaire de demande (Cerfa n°11138*02)
  • Certificat médical initial décrivant les symptômes
  • Documents prouvant le lien avec le travail : témoignages, planning, emails, expertises

Étape 2 : Envoi à la CPAM

  • Dans un délai de 2 ans après la première constatation de la maladie
  • La CPAM dispose de 6 mois pour instruire le dossier

Étape 3 : Instruction par le Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP)

Le dossier est examiné par ce comité composé de médecins experts qui évaluent :

  • La réalité de l’exposition aux risques
  • Le caractère déterminant du travail dans la pathologie

Si votre burn-out est reconnu comme maladie professionnelle :

  • Prise en charge à 100% de tous les soins liés à la pathologie
  • Indemnités journalières plus élevées : jusqu’à 80% du salaire (contre 50% en maladie ordinaire)
  • Rente d’incapacité permanente en cas de séquelles définitives
  • Protection renforcée contre le licenciement
  • Indemnisation plus favorable en cas de rupture du contrat
  • Possibilité de réparation des préjudices (faute inexcusable de l’employeur)

Le taux de reconnaissance reste faible :

  • Environ 1500 demandes par an en France
  • Taux d’acceptation : 30 à 40%
  • Procédure longue : 9 à 18 mois en moyenne

Obligatoire après :

  • Un arrêt de travail de plus de 30 jours pour maladie
  • Un arrêt pour maladie professionnelle
  • Un congé maternité
  • Une absence pour maladie ou accident non professionnel d’au moins 60 jours

Qui prend l’initiative ? L’employeur doit organiser cette visite dans les 8 jours suivant votre retour. Vous pouvez aussi la demander.

Déroulement de la visite

Le médecin du travail évalue :

  • Votre aptitude à reprendre votre poste
  • Les aménagements nécessaires (reprise progressive, temps partiel)
  • La nécessité d’une formation complémentaire
  • L’opportunité d’un changement de poste

3 conclusions possibles :

  1. Apte : vous reprenez votre poste normalement
  2. Apte avec aménagements : reprise avec restrictions (horaires, tâches, télétravail…)
  3. Inapte : impossibilité de tenir le poste, même avec aménagements

Option 1 : La reprise progressive

Le mi-temps thérapeutique permet une reprise à temps partiel (50% à 80%) tout en conservant :

  • Vos indemnités journalières complémentaires
  • Une protection sociale complète
  • Le temps de vous réadapter progressivement

Durée maximale : généralement 3 à 6 mois, renouvelable.

Option 2 : Le changement de poste

Si votre environnement de travail est la cause du burn-out :

  • Demander une mutation interne
  • Négocier un changement d’équipe ou de manager
  • Solliciter de nouvelles missions

Option 3 : La rupture conventionnelle

Si le retour dans l’entreprise est impossible :

  • Négocier une rupture conventionnelle durant ou après l’arrêt
  • Droit au chômage (ARE) après rupture
  • Possibilité de négocier une indemnité supralégale

Attention : Ne signez rien pendant votre arrêt de travail sans avoir consulté un avocat ou un conseiller juridique.

Option 4 : La reconversion professionnelle

Profiter de l’arrêt pour :

  • Faire un bilan de compétences (financé par le CPF, compte personnel de formations)
  • Explorer de nouvelles pistes professionnelles
  • Suivre une formation qualifiante
  • Préparer une création d’entreprise

Le bilan de compétences

  • Durée : 24 heures réparties sur 2-3 mois
  • Financement : CPF, Pôle Emploi, OPCO
  • Objectif : faire le point sur vos compétences et définir un projet professionnel

Le Conseil en Évolution Professionnelle (CEP)

  • Service gratuit et confidentiel
  • Accompagnement personnalisé
  • Disponible via Pôle Emploi, APEC, missions locales, CAP emploi

La formation professionnelle

  • Utilisation de votre CPF (Compte Personnel de Formation)
  • Formations certifiantes ou diplômantes
  • Possibilité de se former durant l’arrêt (sous conditions)

Remarque : vous pouvez cumuler plusieurs options/dispositifs afin d’envisager votre avenir

Oui, la CPAM peut envoyer un médecin conseil ou un contrôleur à votre domicile sans prévenir pour vérifier :

  • Que vous êtes bien présent aux heures autorisées
  • Que votre état justifie l’arrêt de travail

En cas de non-respect :

  • Suspension immédiate des indemnités journalières
  • Remboursement des sommes perçues
  • Sanction disciplinaire de l’employeur

Uniquement pour des questions administratives urgentes (documents à signer, informations nécessaires). Il ne peut pas :

  • Vous demander de travailler
  • Envoyer des messages pour vous harceler
  • Vous imposer des réunions
  • Contester votre arrêt de travail directement

Si vous subissez des pressions, conservez les preuves (emails, SMS) et contactez un avocat ou l’inspection du travail.

Cela dépend :

  • Si l’arrêt autorise les sorties libres : oui, mais restez en France sauf autorisation à voir avec votre médecin
  • Pour sortir du territoire : Vous devez transmettre idéalement votre adresse provisoire précise (N°, rue, ville, nom de l’hébergeant le cas échéant) et les dates de votre séjour, par tous moyens mis à votre disposition (par courrier, depuis l’Espace d’échanges de votre compte ameli, ou par téléphone au 36 46).
  • Le voyage doit être compatible avec votre état de santé et votre traitement

Conseil : Justifiez votre demande (raisons familiales, climatiques favorables à la guérison).

Si l’employeur invoque une impossibilité de reprise :

  • Il doit justifier son refus par écrit
  • Vous pouvez saisir les Prud’hommes
  • En cas d’inaptitude constatée par la médecine du travail, l’employeur doit chercher un reclassement

Les indemnités journalières :

  • Maximum 360 jours sur une période de 3 ans pour la même affection
  • Au-delà, passage en invalidité ou ALD (Affection de Longue Durée)

Le maintien de salaire employeur :

  • Dépend de votre convention collective et de votre ancienneté
  • Généralement entre 30 et 90 jours

Non directement, mais vous pouvez :

  • Préparer votre reconversion (bilans, réflexions)
  • Vous former via le CPF
  • Passer des entretiens (si sorties autorisées)
  • Démissionner puis vous inscrire à Pôle Emploi après l’arrêt

Attention : ne signez pas de nouveau contrat durant votre arrêt, cela constituerait une fraude.

Non, le diagnostic précis n’apparaît jamais sur le volet transmis à l’employeur. Le médecin peut mentionner :

  • « État dépressif »
  • « Troubles anxieux »
  • « Affection psychologique »
  • Ou laisser vierge

Seule la CPAM (Assurance Maladie) reçoit le diagnostic complet sur le volet médical.

Je vous invite à parcourir mon blog sur ce thème afin déjà d’avoir quelques pistes. Mais prenez bien en compte que la reconstruction après un burn-out prend du temps :

Sur le plan psychologique :

  • Poursuivre une psychothérapie (TCC, EMDR, thérapie de groupe)
  • Apprendre à poser des limites
  • Reconstruire l’estime de soi
  • Identifier les signaux d’alerte pour l’avenir

Sur le plan physique :

  • Reprendre une activité sportive douce
  • Améliorer votre hygiène de vie (sommeil, alimentation)
  • Pratiquer la méditation, le yoga, la cohérence cardiaque

Sur le plan professionnel :

  • Analyser les causes du burn-out
  • Identifier vos valeurs et vos besoins au travail
  • Définir vos limites et apprendre à dire non
  • Envisager un environnement de travail plus sain

L’arrêt de travail pour un épuisement professionnel n’est pas une fuite, mais un acte de protection nécessaire. Il vous permet de vous extraire d’une situation toxique, de vous soigner et de reconstruire votre vie professionnelle sur des bases plus saines.

N’oubliez pas :

  • Consultez rapidement un médecin si vous présentez des symptômes d’épuisement
  • Respectez scrupuleusement les démarches administratives pour conserver vos droits
  • Prenez le temps nécessaire pour votre guérison, ne précipitez pas la reprise
  • Faites-vous accompagner (médecin, psychologue, conseiller juridique)
  • Votre employeur ne peut pas accéder à votre diagnostic médical

Ressources utiles :

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